DIEGO RIVERA*

Chronologie

 

1886. Naissance, à Guanajuato, Guanajuato, de Diego Rivera Barrientos. Ses parents sont Don Diego Rivera et Doña María del Pilar Barrientos. Diego passe les premiers ans de vie parmi les miniers et les paysans locaux. La familiarité avec eux se fait sentir dans sa formation intelectuelle ; il est influencé aussi par les idées d’avant-garde de son père, qui est chimiste, enseignant rural, ainsi qu’éditeur d’un journal de tendances libérales. Dès le plus jeune âge, Diego démontre un goût et un talent remarquables pour le dessin.

1892. La famille Rivera Barrientos déménage pour aller habiter à Mexico, où ils s’installent définitivement.

1896. Diego a dix ans quand il rentre à l’Académie de San Carlos. Ses professeurs sont Santiago Rebull, José Salomé Piña, Félix Parra, et José María Velasco. Son oeuvre postérieure s’avère influencée par l’exceptionnel peintre Velasco, connu surtout par ses paysages, et le classicisme d’Ingres, transmis par Rebull. C’est à cette époque qu’il fait la connaissance du graveur José Guadaupe Posada, qui produit sur lui une profonde impréssion par sa personnalité et le génie de son oeuvre.

1902. L’enseignement académique imposée par le nouvel directeur de San Carlos, Antonio Fabrés — rigide, près du réalisme photographique — mène Diego à quitter l’école ; il commence à travailler à son compte.

1907. Diego présente sa première exposition, qui lui vaut une bourse du gouverneur de Veracruz, Teodoro Dehesa. Avec ces fonds, il part pour l’Espagne, où il fait des études à l’Academia Madrileña. Diego est introduit au réalisme espagnol dans l’atelier du peintre Chicharro. Diego rencontre et fréquente les figures les plus renommées du milieu artistique et intellectuel espagnol. L’artiste fait une série de toiles où son aisance naturelle et force de composition se rendent évidentes.

1908-10. Diego s’installe à Paris et fait des voyages d’études et de travail à travers la Belgique, l’Hollande, et l’Anglaterre. L’influence de ce qu’il a vu dans ces pays est visible dans sa peinture. Il prend part à l’exposition de 1910 de la Société des Artistes Indépendants à Paris. Il rentre au Mexique pour une courte période et monte une nouvelle exposition. Il est témoin du commencement de la Révolution mexicaine.

1911. De retour en Europe, il habite à Paris et prend part au Salon d’automne. Il expérimente avec le pointillisme et fait des paysages avec cette technique pendant un court séjour dans la Catalogne, Espagne.

1912. Il retourne à Paris, où il montre ses toiles une fois de plus avec la Société des Artistes Indépendants.

1913. Il s’intéresse au cubisme, et crée un nombre considérable d’oeuvres cubistes avec une qualité équiparable à celle de maîtres français. Il passe quelque temps à Toledo, où il fait des paysages de la ville qu’il montrera au Salon d’automne.

1914. Peu après le début de la Grande Guerre, Rivera visite Mallorca et puis Madrid, où il montre son oeuvre avec celle de Marie Blanchard.

1915-20. Il habite à Paris et travaille fort pendant ces années. Il ressent les contraintes du cubisme, et trouve dans l’oeuvre d’autres artistes français les éléments qui vont constituer son ample bagage culturel et sa personnalité artistique — la sensualité de Renoir, l’équilibre structurel de Cézanne, la synthèse décorative et les couleurs vives de Gauguin. Rivera et Siqueiros s’engagent dans un débat sur le besoin de transformer l’art mexicain et créent un mouvement social et populaire.

1920-21. Il voyage en Italie ; il se dédie à étudier les oeuvres classiques et fait des esquisses des tableaux et des fresques. Il rentre au Mexique avec un riche bagage d’études, observations, et expériences artistiques. Diego Rivera, José Clemente Orozco et David Alfaro Siqueiros constituent le Syndicat des Peintres. Rivera recueille des leçons, des images et des émotions laissées par la Révolution mexicaine; ce sera le matériel de ses premières peintures murales publiques, celles qui ont associé le nom du Mexique avec l’art moderne. Les grands sujets qui intègrent l’art de Rivera sont la vie du pays, les gens, les couleurs, les fêtes populaires, le paysage, le passé indien, les tragédies et les espoirs du peuple. À son retour au Mexique, il vit intensément son rencontre avec l’éclatante sensualité de son pays natal. Sa personnalité artistique surgit, à la fois singulière et monumentale.

1922. Diego, pionnier de la peinture murale, réalise sa première oeuvre de ce type dans l’Auditorium de l’École nationale préparatoire (l’Amphithéâtre Simón Bolívar) sur le sujet de la Création. C’est le début de sa carrière comme peintre muraliste, qu’il poursuit sans pour autant abandonner sa production de dessins, aquarelles, et tableaux de chevalet. Il forme un ménage avec Guadalupe Marín, qui sera la mère de ses deux filles, Lupe et Ruth.

1923-28. Il peint les fresques du Secrétariat d’Éducation Publique, où il exprime ses idées sur la vie du peuple mexicain.
1926-27. Il travaille sur les peintures murales de l’École nationale d’agriculture à Chapingo, Canto a la Tierra y a los que la trabajan y la liberan (Chant pour la terre et pour ceux qui la travaillent et la libèrent).

1927. Il voyage en septembre à l’URSS, invité par la Commission d’Éducation Publique de ce pays. Là, il produit une collection assez intéressante de dessins, aquarelles, et peintures à l’huile qui s’appuient sur les observations faites des célébrations du dixième anniversaire de la Révolution russe.

1928. En août, il est de retour au Mexique pour terminer ses peintures murales dans le Secrétariat d’Éducation Publique. Il divorce de Guadalupe Marín et se marie avec l’artiste Frida Kahlo.

1929-30. Il décore le Salon du Conseil du Département de Santé avec des grands nus symbolisant la santé et la vie.
1930. Il quitte le Mexique pour aller habiter à San Francisco, où il montre ses peintures de chevalet au California Palace of the Legion of Honor.

1931. Il peint l’éscalier du Luncheon Club au San Francisco Stock Exchange, oeuvre pour laquelle il chosit de faire une allégorie sur la grande richesse naturelle et industrielle de la Californie. Il réalise un fresque pour la maison de Mrs. Sigmund Stern, à Fresco, California. Il décore un mur de la California School of Fine Arts, à San Francisco, où il rend hommage à l’industrie moderne de la construction. La plus importante exposition de son oeuvre jusqu’au présent prend place au Museum of Modern Art de New York, Il peint quatre panneaux mobiles pour l’occasion à fin d’exemplifier son oeuvre murale.

1932. Le Ballet Horse Power se présente à l’Académie de musique de Philadelphia ; la musique est de Carlos Chávez ; la scénographie et les costumes sont de Diego Rivera. Aprés un court séjour au Mexique, Diego commence à travailler sur le Retrato de Detroit (Portrait de Detroit), qu’il peint dans la cour du Detroit Institute of Arts. À fin de connaître en profondeur son sujet, il s’applique à l’étude d’usines, ateliers, machines, et oeuvriers, dont les images sont représentées dans cette grandiose composition, considerée par le propre Rivera comme l’un de ses oeuvres les plus importantes.

1933. Il travaille sur la décoration murale du Rockefeller Center, à New York, qui est détruite avant qu’elle ne soit finie à cause du portrait de Lénine qui apparaît dans l’oeuvre. Diego peint 21 fresques mobiles avec l’histoire des États Unis pour la New Worker’s School.

1934. Il rentre au Mexique et peint, au Palais de Beaux-Arts qui vient d’être achevé, l’oeuvre murale originalement conçue pour le Rockefeller Center. Le thème est un monde futur dominé par l’homme de formation technique.

1935. Il finit l’énorme composition sur l’histoire du Mexique qui décore l’escalier centrale du Palais Nationale, oeuvre qu’il avait commencé en 1929.

1936. Il réalise pour l’Hôtel Reforma quatre panneaux mobiles. Ces peintures n’ont jamais été montrées en raison de la représentation satyrique que Diego fait des certains politiciens dans le panneau appelé La dictadura (La dictature).

1936-40. Il s’adonne à la peinture de chevalet. Il crée des paysages de grand fantaisie et des portraits notables, ainsi que la célèbre série des danseuses noires.

1940. Par commande du San Francisco Junior College, Diego fait une grande peinture murale pour la Golden Gate International Exposition. Dans l’oeuvre, il avance ses idées sur la création d’une culture continentale, l’union des anciennes traditions du Sud avec la vie industrielle des États-Unis.

1943. Il peint une série d’oeuvres murales pour le Salon Ciro’s de l’Hôtel Reforma. 1943-44. Il décore deux murs de l’Institut National de Cardiologie.

1944-45. Il commence une nouvelle série de peintures murales au Palais National, sur le sujet de la vie dans l’ancien Mexique.

1947-48. Il fait une peinture murale dans la salle à manger de l’Hotel del Prado, intitulée Sueño de una tarde dominical en la Alameda Central (Songe d’une après-midi de dimanche à l’Alameda Central). Il s’y occupe de l’histoire nationale, son sujet préféré. Diego inclut dans la peinture une sentence de Ignacio Ramírez, dit el Nigromante (le nécromant), héros de la Réforme : “ Dieu n’existe pas .” L’oeuvre est endommagée par des mains anonymes. L’administration de l’hôtel voile la peinture pour que le public ne puisse pas la voir.

1949. Une exposition nationale est organisée au Musée National des Arts Plastiques du Palais des Beaux-Arts, à México, pour célébrer le 50e anniversaire de production artistique de Diego Rivera. Il s’agit de l’exposition la plus grande et la plus complète de toutes les expositions individuelles qui aient pris place au Mexique; elle réunit 1,197 (mille cent quatre-vingt dix-sept) oeuvres, parmi lesquelles se trouvent des acquarelles, des peintures à l’huile et des dessins.

1950. Rivera prend part à la XXV Biennale de Venise, en Italie, avec une salle individuelle. Un critique d’art l’appele “ auteur de la Chapelle Sixtine de Mexico “, en faisant référence à la décoration faite par Diego Rivera dans l’École Nationale d’Agriculture à Chapingo, qu’il considère la plus achevée de ses oeuvres murales. Dans la galérie du Palais National, Rivera fait un fresque sur El Tajín, ancienne culture de Veracruz.

1951. Rivera fait un projet de peintures murales pour le Palais National où il représente les produits agricoles que le Mexique a offert au monde entier. Étant l’un des fondateurs de El Colegio Nacional, il prononce une série de conférences à propos de l’art et de la politique.

1949-51. Rivera développe le thème de l’eau dans une oeuvre décorative de sculptures-peintures et mosaïques réalisée dans la deuxième section du bois de Chapultepec. México apaga su sed (El agua, origen de la vida) [Le Mexique etteint sa soif (L’Eau, origine de la vie)] reprend l’art du mosaïque et Rivera le combine avec des sculptures, pour lesquelles il utilise des pierres de couleurs. Tláloc, dieu de l’eau dans l’ancien Mexique, est représenté dans un haut-rélief colossal.

1952. Il faiit une peinture murale sur la guerre interventionniste de Corée ; dans cette oeuvre il utilise une technique mixte sur toile. La critique de la guerre faite dans la peinture provoque qu’elle soit censurée, ce qui déclenche un scandale international. Rivera décore la façade du Stadium de la Cité Universitaire à Mexico avec une technique combinant la sculpture et la peinture, pour laquelle il utilise aussi des pierres de couleurs naturelles. Les oeuvres sont suspendues, mais l’artiste laisse à l’Université Nationale (UNAM) les plans pour la décoration complète du Stadium.

1953. Il décore la façade du Théâtre des Insurgents à Mexico avec des mosaïques vitrés. Il peint l’oeuvre murale intitulée Gloriosa victoria (Glorieuse Victoire) sur l’intervention des États-Unis dans le Guatemala, oeuvre qui se trouve dans la Pologne.

1954. Diego produit une série de peintures murales mobiles faites en toile et un mosaïque vitré, Baño en el río (Bain dans la rivière), pour la villa du producteur de films Santiago Reachi à Cuernavaca. Sa femme Frida Kahlo meurt, ce qui lui cause un grand bouleversement physique et moral. Il continue son oeuvre murale au Palais National, où il développe l’un des faits centrales dans l’histoire du Mexique, à savoir, l’arrivé des conquistadores. Les deux portraits de Cortez qui y apparaîssent soulèvent une discussion passionnée. Il travail au fresque l’oeuvre murale intitulée El pueblo en demanda de salud (Le peuple demande accès à la santé) dans le vestibule de l’hôpital de la sécurité sociale La Raza.

1955. Ignacio Millán, médecin renommé, lui détecte un cancer et lui recommende de suspendre toute activité pour se consacrer à sa guérisson. Rivera ne suit pas le conseil et continue à travailler sur la construction du Musée Anahuacalli, à San Pablo Tepetlapa, au sud de la capitale, d’après son propre projet d’architecture. Quelque temps plus tard il va donner le musée au peuple mexicain avec sa magnifique collection d’antiquités mexicaines composée par quelques 59 milles quatre cents pièces, mais aussi avec le terrain de 46 mil mètres quarrès où il songeait à édifier un Cité des Arts. Il commence du même coup`à travailler sur le musée consacré à la mémoire de Frida Kahlo, situé à la maison bleue de Coyoacán. En août il voyage dan l’URSS pour aller voir Dr. Funkin, un notable cancérologue moscovite. Là, il se soumet à un traitement avec une pompe de cobalte pour contrôler le cancer dont il commence a être envahi. Il visite la Pologne et la Tchécoslovaquie.

1956. À son retour, Diego passe presque tout le temps à Acapulco, où il peint une série de tableaux. Il se lôge dans la maison de Dolores Olmedo, où il fait une décoration à propos de Quetzalcóatl et de Tláloc. Il légalise les donations du Musée Anahuacalli et le Musée Frida Kahlo par le moyen d’un fidéicommis. Il désigne Dolores Olmedo, qui est son vieille amie et la plus importante des collectionneurs de ses oeuvres, présidente à vie. En décembre il fête ses 70 ans ; un hommage international est organisé pour l’occasion.

1957. Une importante exposition est montée avec 250 de ses oeuvres de chevalet. À El Batán, la maison de Dolores Olmedo à Mexico, il fait une décoration en mosaïque pour un miroir d’eau. Il poursuit ses projets pour la galérie du Palais National, pour le Musée National d’histoire, pour l’École de Sciences chimiques à l’UNAM, pour les murs du Théâtre Jorge Negrete, et pour le projet d’un fresque sur Zapata dans la maison de l’acteur de cinéma Emilio dit El Indio Fernández. Il travaille aussi sur des projets de fresques et des sculptures-peintures au Musée Anahuacalli. Il meurt à Mexico le 24 novembre. Il est enterré à la Rotonde des Hommes Illustres.

 
*Text by Fernando Gamboa, “Nota Bibliográfica” publicada en el libro Diego Rivera. Exposición Nacional de Homenaje, Palacio de Bellas Artes / México 1977-1978